Le déficit énergétique en Tunisie a atteint un niveau critique et son coût exorbitant hypothèque effectivement les finances du pays. La facture des sept premiers mois de 2026 montre un trou de 7 946 MDT, soit environ 4,3x le déficit de juillet 2016. Ce seul poste représente 53% du déficit commercial total du pays. Derrière, il y le coût des subventions énergétiques qui devrait être à des sommets.
Cette énorme facture énergétique, couplée à la dégradation des services de base, crée un cercle vicieux. L’État, contraint de financer les subventions énergétiques pour ne pas aggraver le problème de l’inflation, manque de moyens pour investir dans des secteurs clés comme l’éducation, la santé ou les infrastructures. Ses ressources propres ne suffisent pas pour couvrir les besoins grandissants sur ces services.
Il faut impérativement accélérer la transition énergétique. À moyen terme, le gouvernement a fixé l’objectif de 35% d’énergies renouvelables dans le mix électrique d’ici à 2030, et 80% d’ici à 2050. S’il faut accorder de nouveaux avantages financiers et fiscaux aux investisseurs privés, il est temps de le faire, car le statu quo coûte encore plus cher. Les changements climatiques s’intensifient chaque année et la consommation de l’électricité va encore grimper. Même si les prix de l’énergie baissent, il y aura un effet volume capable d’absorber tout gain possible.
La question des subventions, délicate sur tous les fronts, est centrale. D’un côté, elles protègent les plus vulnérables; de l’autre, leur poids est devenu insoutenable. Une réduction brutale risquerait de provoquer une flambée des prix. Le gouvernement est en permanence à la recherche d’un équilibre entre soutien social et rigueur budgétaire. Peut-être qu’il est temps de réviser le système, même partiellement, et d’orienter l’argent épargné vers les secteurs qui touchent aussi les citoyens, essentiellement la santé. Nos ressources sont limitées et sans des arbitrages courageux, aucun service public ne pourra s’améliorer rapidement.


