Les exportations tunisiennes ont progressé de 9,9% au cours des sept premiers mois de 2026, atteignant 40,64 milliards de dinars, selon les dernières données de l’Institut national de la statistique (INS). Cette performance reste toutefois insuffisante pour compenser la hausse plus rapide des importations, qui ont bondi de 13,7% à 55,6 milliards de dinars.
Résultat : le déficit commercial s’est aggravé. Il atteint désormais 14,96 milliards de dinars, contre 11,90 milliards sur la même période de 2025. Le taux de couverture des importations par les exportations recule ainsi de 75,6% à 73,1%.
La progression des exportations repose notamment sur l’agroalimentaire. Le secteur affiche une croissance de 22,9%, portée en grande partie par les ventes d’huile d’olive. Celles-ci sont passées de 2,51 milliards à 3,59 milliards de dinars, soit près de 1,1 milliard de dinars supplémentaires en un an.
L’énergie affiche également une forte progression, avec des exportations en hausse de 53,3%. Cette évolution s’explique notamment par l’augmentation des ventes de produits raffinés, qui ont atteint 989 millions de dinars, contre 381,3 millions un an auparavant.
Les industries mécaniques et électriques restent également sur une trajectoire positive, avec une hausse de 10,5% des exportations. À l’inverse, deux secteurs importants pour le commerce extérieur tunisien sont en recul. Les exportations des mines, phosphates et dérivés diminuent de 11,9%, tandis que celles du textile, habillement et cuirs baissent de 3,6%.
L’Union européenne demeure de loin le premier débouché des produits tunisiens. Elle représente 70,4% des exportations sur les sept premiers mois de l’année, pour une valeur de 28,63 milliards de dinars, contre 26,12 milliards un an plus tôt.
Sur les marchés arabes, l’évolution est encore plus disparate. Les exportations vers l’Égypte explosent de 85,4%, tandis que celles vers la Libye restent quasiment stables (+0,1%). À l’inverse, les ventes reculent vers le Maroc (-23,1%) et l’Algérie (-12%).
Le problème vient surtout de la facture des importations
La progression des exportations ne suffit pas à rééquilibrer les échanges, car les importations augmentent encore plus rapidement.
Tous les grands groupes de produits importés sont en hausse. La facture énergétique progresse de 35,7%, les produits alimentaires de 23,6%, les biens d’équipement de 7,2%, les biens de consommation de 8,6% et les matières premières et demi-produits de 8,9%.
Cette dynamique pèse directement sur le déficit commercial. À elle seule, la balance énergétique affiche un déficit de 7,95 milliards de dinars, contre 6,04 milliards un an auparavant.
Hors énergie, le déficit s’établit à 7,01 milliards de dinars. La situation reste donc déficitaire même sans prendre en compte la facture énergétique, mais l’énergie demeure le principal facteur de déséquilibre.


