Selon la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement, plus de 70% du trafic de données mondial est contrôlé par une poignée d’entreprises basées aux États-Unis et en Chine. Cette concentration du pouvoir numérique redessine les rapports de force à l’échelle planétaire.
Face à cette hégémonie, l’Union européenne tente de réduire l’écart avec les géants du numérique. Des dispositifs comme le Règlement général sur la protection des données lui ont permis de mieux encadrer les flux de données, de renforcer la responsabilité des plateformes et de garantir la vie privée des citoyens.
Dans ce paysage mondial, la place de l’Afrique interroge. Le continent ne disposerait que de moins de 2% de la capacité mondiale des centres de données. Structurellement désavantagé, il demeure largement dépendant de services cloud étrangers. Les données générées sur ses marchés sont souvent stockées, traitées et monétisées hors de ses frontières, privant ainsi l’Afrique d’une part substantielle de la valeur créée.
Pourtant, le potentiel est immense. La Société financière internationale estime que l’économie numérique africaine pourrait atteindre 712 milliards de dollars d’ici 2050, à condition que le continent ne se contente pas d’être un fournisseur de données brutes.
Les États africains disposent de leviers d’action. Ils peuvent légiférer, renforcer la coordination régionale et soutenir l’émergence de champions locaux. Le véritable risque réside dans la fragmentation des réponses nationales, trop isolées pour peser face aux géants mondiaux. La souveraineté numérique de l’Afrique ne pourra se construire que dans une dynamique collective, à l’échelle continentale.


