«Les entreprises inclusives ont 30 % de plus de chances de performer et d’être résilientes face aux crises». Cette affirmation de Soukeina Bouraoui donne le ton. Elle a été prononcée lors de l’atelier de clôture du projet « Catalyser l’entrepreneuriat inclusif (CEIID) », organisé le 30 avril à Tunis par le Centre de la Femme Arabe pour la Formation et la Recherche.

Dans ce cadre, la responsable a insisté sur une transformation en profondeur du modèle entrepreneurial. Selon elle, l’entrepreneuriat inclusif consiste à réfléchir en amont pour bâtir des structures où chaque profil trouve sa place, en intégrant la diversité et l’égalité des chances comme des éléments structurants, et non secondaires. La présentation des résultats du projet, assurée par Nifel Mahjoub, coordinateur de projet, met en évidence un écart persistant dans l’écosystème entrepreneurial. «Une grande partie des personnes vulnérables reste exclue», explique-t-il, citant notamment les femmes, les populations rurales ou les personnes en situation de handicap, confrontées à des obstacles comme l’accès au financement ou le manque d’accompagnement. Pour y répondre, le projet a été structuré autour de deux axes principaux : renforcer les structures d’appui et accompagner directement les entreprises. Au total, 21 structures d’accompagnement ont été sélectionnées parmi près de 150 candidatures, avec un équilibre entre acteurs publics, privés et associatifs. Ces structures ont bénéficié de formations sur l’entrepreneuriat inclusif, la conception de business models et la transformation digitale, contribuant à la création d’un réseau national d’appui. Côté entreprises, 105 TPE et startup ont été retenues parmi 360 candidatures, réparties sur plusieurs régions. Parmi elles, 71 % sont dirigées par des femmes, un indicateur clé en matière d’inclusion. Les bénéficiaires ont suivi un parcours complet : développement de modèles économiques, éducation financière, leadership et digitalisation. Un programme de coaching personnalisé a permis à 90 entreprises de finaliser leur business model intégrant les dimensions inclusive et digitale, ainsi qu’une charte de diversité.
Financement et ouverture à l’international
Le projet a aussi intégré un appui financier ciblé. Six entreprises ont bénéficié de subventions sous forme d’équipements et de services, pour un montant global de 30 000 dollars. Par ailleurs, trois startups ont été sélectionnées pour participer à GITEX Africa, leur offrant une visibilité internationale, des opportunités de networking et un accès à de nouveaux marchés, notamment dans les domaines liés aux technologies et à l’intelligence artificielle. Dans cette optique, Bouraoui estime qu’il s’agit d’ «une réussite remarquable», malgré «des défis majeurs» et une durée d’exécution limitée à 12 mois, décrite comme «une véritable course contre la montre». Elle met en avant plusieurs acquis, notamment la mise en place d’une charte de l’entrepreneuriat inclusif, qu’elle considère comme «l’exercice le plus significatif» du projet. Cette charte, adaptable selon les profils d’entreprises, «dépasse la responsabilité sociétale classique» et pose les bases d’un nouveau référentiel.


