La commission de la santé, des affaires de la femme, de la famille, des affaires sociales et des personnes handicapées de l’ARP a tenu une séance d’audition, vendredi 10 avril 2026. La réunion a été consacrée à la réforme du système de sécurité sociale. Les représentants du ministère ont dressé un tableau préoccupant. Les caisses sociales accusent un déficit annuel oscillant entre 2 et 3 milliards de dinars. Le nombre d’affiliés atteint 2,3 millions, tandis que celui des retraités s’élève à 1,2 million. Le taux de couverture sociale ne dépasse pas 60% de la population active, et l’économie informelle représente entre 30 et 40% du total de l’économie nationale. Plusieurs facteurs expliquent cette situation. Le ministère a cité l’évolution des indicateurs démographiques, l’expansion du secteur informel, la fraude sociale, la hausse des coûts des soins, notamment des médicaments importés, et la dépréciation du dinar tunisien. La faible attention accordée à la prévention sanitaire a également alourdi les dépenses de traitement. Face à ces défis, le ministère a présenté une réforme articulée autour de trois objectifs stratégiques: élargir la couverture sociale, améliorer la qualité des services et assurer la pérennité financière des caisses. Parmi les pistes envisagées figurent la fusion des régimes en une structure unique, le maintien de l’architecture actuelle avec des réformes ciblées, ou la création de passerelles entre les différents régimes selon la nature des prestations. L’intégration du secteur informel à travers des formules de cotisation adaptées aux revenus irréguliers fait également partie des options à l’étude. Les représentants du ministère ont par ailleurs souligné que le système de répartition solidaire, fondement du modèle social tunisien, constitue un acquis national intergénérationnel auquel il n’est pas question de renoncer. Les députés ont réagi en réclamant des données chiffrées précises et une transparence totale sur la situation financière des caisses. Ils ont rappelé que le président de la République a lui-même souligné que la réforme de la sécurité sociale ne peut être ni conjoncturelle ni partielle, mais doit reposer sur une vision nouvelle et globale. Certains ont proposé la création d’un organe de coordination dédié au sein du ministère, chargé de piloter la réforme en associant experts, organisations nationales et centres d’études stratégiques.









