
La diplomatie française entend placer la Tunisie au cœur de plusieurs grandes échéances internationales prévues au premier semestre 2026. À l’occasion d’une rencontre avec des journalistes au siège de l’ambassade de France à Tunis dans la journée du mardi 25 mars 2026, l’ambassadrice de France en Tunisie, Anne Guéguen, a présenté quatre rendez-vous majeurs susceptibles d’intéresser directement les Tunisiens, tout en confirmant l’engagement du partenariat bilatéral entre les deux pays.
Dans un rappel historique, Anne Guéguen a souligné que la Tunisie demeure un partenaire privilégié de la France, à la croisée des enjeux méditerranéens, africains et globaux. “Les deux pays entretiennent à travers la Méditerranée un partenariat profond, dense et fondé sur le respect mutuel entre nations souveraines, le bénéfice réciproque, ainsi que des liens humains, culturels et économiques très forts”, a-t-elle souligné, rappelant également l’échange téléphonique entre les deux chefs d’État le 20 mars, au cours duquel ils ont réaffirmé leur attachement commun au multilatéralisme.
Le premier rendez-vous sera le Sommet One Health, prévu le 7 avril à Lyon. Ce sommet entend accélérer la mise en œuvre de l’approche « Une seule santé », qui articule santé humaine, animale, végétale et environnementale. L’objectif est de mieux prévenir les risques sanitaires, alimentaires et environnementaux, dans une logique de politiques publiques transversales.
Rappelons que la Tunisie, déjà engagée dans cette démarche, avait accueilli en juin 2025 la conférence régionale One Health MENA, marquée par l’adoption de la Déclaration de Carthage.
Le deuxième temps fort sera le Sommet Afrique-France Africa Forward, organisé les 11 et 12 mai à Nairobi. Ce rendez-vous ambitionne de renouveler les rapports entre l’Afrique et la France en misant davantage sur l’écoute, le dialogue et des relations équilibrées. Il s’inscrit dans un mouvement plus large visant à promouvoir un multilatéralisme inclusif, à renforcer les échanges économiques et à donner une place accrue aux sociétés civiles, aux diasporas, aux jeunes ainsi qu’aux acteurs culturels et économiques. La Tunisie, invitée à participer aux débats, devrait y défendre sa place dans les discussions sur l’industrialisation durable et la transition énergétique. Un forum d’affaires baptisé «Inspire and Connect» viendra compléter ce sommet et pourrait offrir des perspectives concrètes aux entrepreneurs tunisiens.
Au sommet Afrique-France, Business France défend par ailleurs un nouveau modèle de partenariat structuré autour de quatre piliers: Build, Produce, Innovate et Trust. Selon Philippe Garcia, directeur de Business France pour l’Afrique du Nord, la Tunisie doit être fortement représentée afin de valoriser sa position géostratégique, la qualité de sa main-d’œuvre et son rôle d’investisseur africain de premier plan en France.
La troisième échéance sera le lancement de la Saison Méditerranée 2026, à partir du 15 mai à Marseille. Cette initiative culturelle vise à célébrer la richesse du bassin méditerranéen et à renforcer les échanges entre les deux rives. Elle mettra particulièrement en avant la jeunesse, les diasporas et les créations artistiques comme vecteurs de dialogue. La Tunisie y occupe une place centrale avec 29 projets labellisés impliquant des artistes tunisiens. Cette saison, qui se poursuivra jusqu’à l’automne, doit permettre de faire émerger de nouveaux récits partagés autour de la Méditerranée.
Enfin, le quatrième rendez-vous sera le sommet du G7, prévu du 15 au 17 juin à Évian dans le cadre de la présidence française. Paris souhaite y remettre l’accent sur la vocation économique initiale du G7, dans un contexte mondial marqué par les déséquilibres macroéconomiques et la fragmentation internationale. Les priorités annoncées portent sur la résilience des chaînes de valeur, la modernisation de l’architecture financière internationale et la promotion de partenariats plus inclusifs.
En somme, ces quatre échéances ouvrent à la Tunisie des opportunités de consolidation de son rôle de hub entre l’Afrique, la Méditerranée et l’Europe. Dans un contexte où la France reste son premier partenaire commercial de la Tunisie et son premier investisseur étranger. Ainsi les échanges à venir sur la santé, l’énergie, l’industrialisation durable et la gouvernance économique pourraient ouvrir la voie à de nouveaux projets et à une coopération renforcée.


