Le marché des startups au Moyen-Orient et en Afrique du Nord (MENA) a connu un net ralentissement en février 2026. Après un début d’année dynamique, les levées de fonds se sont tassées à 326,6 millions de dollars (réparties sur 62 transactions), soit une baisse de 42 % par rapport au mois précédent et de 38 % par rapport à février 2025, selon Wamda. Malgré ce recul, la structure des financements reste stable. Le recours à la dette ne représente que 16 % du capital injecté, confirmant la préférence des investisseurs pour l’équity.
Le hub le plus attractif?
Les Émirats arabes unis continuent de dominer l’écosystème MENA, avec 23 startups ayant levé 162,8 millions de dollars, soit près de la moitié du capital déployé sur le mois. L’Arabie saoudite suit à distance, avec 25 startups finançant 87,7 millions de dollars, tandis que l’Égypte se place en troisième position grâce à une transaction tardive qui porte le total du pays à 64 millions de dollars.
Quel secteur attire le plus les investisseurs ?
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Fintech
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E-commerce
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Deeptech
Le secteur fintech reste le moteur de l’investissement, attirant 94,7 millions de dollars sur 14 transactions, porté par la transformation numérique des services financiers et l’essor des plateformes de paiement et de prêt. L’e-commerce réintègre le top 3, soutenu par le financement de Breadfast, qui contribue à un total sectoriel de 52 millions de dollars. Le deeptech occupe la troisième place, avec 51 millions de dollars répartis sur seulement deux deals, signe de l’intérêt soutenu pour les startups technologiques à forte intensité capitalistique.
Les jeunes startups continuent-elles de séduire les investisseurs?
Février a été marqué par l’absence de méga deals, à l’exception de Breadfast ($50 millions, pré-Series C) et Stake ($31 millions, Series B). Les jeunes startups représentent la majorité de l’activité, avec 49 entreprises levant collectivement 136,4 millions de dollars. Cette tendance illustre une prudence accrue des investisseurs sur les montants importants tout en maintenant une confiance solide dans l’innovation naissante.
Par ailleurs, l’investissement reste fortement orienté vers le B2B. 38 startups ont capté 137 millions de dollars, contre 18 startups B2C qui ont levé 62 millions.
Les femmes fondatrices trouvent-elles encore difficilement des financements?
En matière de parité, le fossé persiste. A dire vrai, aucune startup fondée exclusivement par des femmes n’a obtenu de financement en février. Seules trois équipes mixtes ont réussi à lever 14 millions de dollars.
Quelles perspectives pour le reste de l’année ?
Le ralentissement observé semble plus structurel que conjoncturel. La concentration sur les early-stage et l’absence de méga deals traduisent une sélection plus rigoureuse des investissements plutôt qu’un désengagement du marché. Les tensions géopolitiques, notamment les attaques américaines et israéliennes en Iran fin février, ont également renforcé l’incertitude.
Pour autant, l’écosystème MENA reste solide: plusieurs fonds régionaux ont clos de nouveaux véhicules fin 2025, laissant d’importantes réserves de capitaux prêtes à être déployées. Historiquement, les startups de la région ont démontré une forte résilience face aux crises, laissant entrevoir une trajectoire de long terme positive pour le financement entrepreneurial.









