L’économie tunisienne a clôturé l’année 2025 en demi-teinte, affichant une nette accélération de son activité au quatrième trimestre. Selon les chiffres de l’INS, le produit intérieur brut (PIB) a enregistré une progression de 2,7% en glissement annuel, tandis qu’en rythme séquentiel, la croissance s’établit à 1,0%. Sur l’ensemble de l’année 2025, la croissance économique tunisienne ressort à 2,5% par rapport à 2024, soutenue principalement par la performance exceptionnelle du secteur agricole et la bonne tenue de certaines branches industrielles.
Le principal moteur de cette croissance trimestrielle a été le secteur de l’agriculture et de la pêche, qui a bondi de 12,3% en glissement annuel, une performance remarquable qui a contribué à hauteur de 108 points de base dans la croissance globale, soit près de 40% de celle-ci.
Le secteur industriel dans son ensemble a progressé de 3,0%, apportant une contribution de 52 points de base à la croissance. Cependant, cette évolution cache de fortes disparités. L’industrie non manufacturière a subi une baisse significative, pénalisée par le repli continu de l’extraction de pétrole et de gaz naturel, dont la production a chuté de 10,9%. À l’inverse, l’industrie manufacturière a bénéficié de la bonne santé de plusieurs de ses composantes, avec notamment les performances des industries mécaniques et électriques, en hausse de 6,2%, de la production et distribution d’électricité et de gaz (+4,9%), de l’industrie agroalimentaire (+4,5%) et des industries chimiques (+3,2%). En revanche, le secteur du textile, habillement et cuir poursuit sa trajectoire morose, enregistrant un nouveau repli de 2,6%, ce qui reflète les difficultés structurelles et conjoncturelles de cette filière.
Par ailleurs, le secteur de la construction a également affiché une solide progression de 4,1%, signe d’une certaine reprise de l’investissement dans le bâtiment et les travaux publics, tandis que les services ont enregistré une croissance de 1,4%, contribuant pour 88 points de base à la croissance globale. Cette augmentation modérée a été soutenue principalement par le secteur du tourisme, qui a connu une évolution notable de 6,8%.
L’analyse des composantes de la croissance met en lumière deux dynamiques opposées. D’un côté, la demande interne, qui agrège les dépenses de consommation des ménages et de l’administration ainsi que la Formation brute de capital fixe, a progressé de 3,4%, constituant le principal moteur de l’activité. De l’autre côté, les échanges extérieurs ont exercé une pression négative, le solde commercial ayant soustrait 1,03% à la croissance du PIB. La persistance d’un déficit commercial structurel, résultat d’une insuffisance de la production nationale, pénalise ainsi le pays.









