Au quatrième trimestre 2025, le marché du travail tunisien a connu une légère amélioration, avec une hausse modeste de l’emploi et une baisse du taux de chômage global.
Le nombre de personnes occupées a augmenté de 4 200 par rapport au trimestre précédent, pour s’établir à 3 609 800 actifs. Cette population active occupée reste inégalement répartie entre les sexes, puisque les hommes représentent 71% des effectifs avec 2 561 800 emplois, contre seulement 29% pour les femmes, qui totalisent 1 048 100 postes. Cette disparité témoigne de la persistance d’obstacles structurels à l’emploi féminin.
La répartition sectorielle de l’emploi confirme la place prédominante des services, qui concentrent plus de la moitié des actifs occupés, avec une part de 53,3%. Viennent ensuite les industries manufacturières avec 18,9%, l’agriculture et la pêche avec 14,8%, et enfin les industries non manufacturières qui emploient 12,9% de la main-d’œuvre. Cette structure montre que l’économie tunisienne reste largement tertiarisée, même si le secteur agricole conserve un rôle important, notamment dans les régions rurales.
S’agissant du chômage, la tendance est également à l’amélioration, mais avec des évolutions contrastées selon le sexe. Le nombre de chômeurs a diminué de 8 500 personnes pour atteindre 645 200, ce qui porte le taux de chômage global à 15,2%, contre 15,4% au trimestre précédent. Cette baisse est essentiellement portée par la forte diminution du chômage féminin, qui passe de 22,4 à 20,8%. En revanche, le taux de chômage masculin augmente légèrement, passant de 12,1 à 12,6%, ce qui pourrait refléter des difficultés dans certains secteurs traditionnellement masculins comme l’industrie ou le bâtiment.
La situation des jeunes âgés de 15 à 24 ans reste préoccupante, bien qu’elle s’améliore légèrement. Leur taux de chômage s’établit à 38,4% au quatrième trimestre, contre 40,1% au trimestre précédent. Les jeunes femmes restent les plus touchées, avec un taux de 41,3%, contre 37% pour les jeunes hommes. Ces chiffres illustrent la difficulté persistante d’insertion des jeunes sur le marché du travail, malgré les dispositifs existants.
Enfin, le chômage des diplômés de l’enseignement supérieur connaît une baisse notable, passant de 24,9 à 22,5% en un trimestre. Cependant, l’écart entre les sexes est frappant. Seuls 11,7% des hommes diplômés sont au chômage, contre 30,5% des femmes diplômées. Cette différence révèle des freins spécifiques à l’emploi féminin, qui persistent malgré un niveau de qualification élevé, et interroge sur l’adéquation entre la formation et les besoins du marché du travail, ainsi que sur les discriminations potentielles à l’embauche.
Le quatrième trimestre 2025 confirme ainsi une tendance à l’amélioration de l’emploi et à la baisse du chômage. Toutefois, il met également en lumière des fragilités structurelles qui nécessitent des politiques publiques ciblées, favorisant l’emploi féminin, l’insertion des jeunes et une meilleure adéquation entre formation et emploi.









