Le paysage de l’insertion professionnelle des jeunes diplômés est sombre depuis plusieurs années. Cette difficulté s’explique, en partie, par un contexte réglementaire plus contraignant, avec un durcissement du Code du travail et une généralisation des contrats à durée indéterminée.
Face à ces obligations, de nombreuses entreprises affichent une réticence croissante à embaucher, par crainte d’un engagement jugé trop rigide dans un environnement économique incertain. Cette situation se reflète dans des chiffres alarmants. En Tunisie, le taux de chômage des jeunes âgés de 15 à 24 ans a ainsi grimpé à 40,1% au troisième trimestre 2025, contrastant violemment avec un taux de chômage global de 15,4%.
Ce phénomène de marginalisation des jeunes sur le marché du travail n’est pas un fait exclusif à la Tunisie. Il s’agit d’une tendance mondiale observable même dans les économies les plus développées. Aux États-Unis, par exemple, les données de la Réserve fédérale révèlent que le taux de chômage des jeunes adultes de 20 à 24 ans, qu’ils soient diplômés du secondaire ou titulaires d’une licence universitaire, s’élevait à 9,7%. Ce chiffre est plus du double du taux de chômage national, qui se situait à 4,4%.
Une partie du problème réside également dans les perceptions et les aspirations des jeunes eux-mêmes. Beaucoup croient, à tort, qu’une carrière réussie et une rémunération satisfaisante ne peuvent débuter qu’au sein d’une grande entité ou d’une institution financière. Cette focalisation exclusive sur les grands employeurs est un choix souvent risqué, car ces structures voient justement leur part moyenne de recrutement de débutants diminuer, privilégiant l’expérience et externalisant certains besoins.
En réalité, les PME et les startups offrent des avantages considérables et formateurs pour un jeune professionnel. Elles représentent souvent le meilleur tremplin pour débuter. Dans ces environnements, les jeunes diplômés accèdent généralement plus rapidement à des responsabilités tangibles, bénéficient d’une vision d’ensemble des processus et développent une polyvalence précieuse. La proximité avec la direction favorise un apprentissage accéléré et une reconnaissance directe des contributions individuelles. C’est précisément dans ce vivier dynamique que se niche une multitude d’opportunités de carrière aujourd’hui sous-estimées.
L’impératif le plus urgent pour les nouveaux diplômés est de franchir la première porte du marché du travail. Si l’accès aux très grandes entreprises, qui recrutent moins de profils juniors qu’auparavant, semble bloqué, il est crucial de tourner son regard vers l’écosystème entrepreneurial. L’objectif premier doit être d’acquérir une expérience concrète, de bâtir un réseau professionnel et de démontrer sa valeur sur le terrain. Cette première expérience, quelles que soient la taille ou la notoriété de l’employeur, constitue le capital professionnel le plus solide pour construire ensuite un parcours ambitieux et adapté aux réalités économiques actuelles.









