Une alerte sérieuse a retenti sur les marchés financiers cette semaine. Elle a prouvé que ce que les économistes et les analystes ont toujours craint n’est pas loin d’être réalisé: l’éventuel éclatement de la bulle IA.
Les mastodontes de la technologie ont vu plus de 1 000 milliards de dollars s’évaporer de leur valorisation boursière en quelques séances. Cette hémorragie a été directement provoquée par un regain de pessimisme des investisseurs face à l’escalade vertigineuse des dépenses en intelligence artificielle, déclenchant une vente panique.
Microsoft, Nvidia, Oracle, Meta, Amazon et Alphabet ont tous essuyé des pertes. Leur point commun est des résultats mettant en lumière des plans d’investissement pharaoniques consacrés aux infrastructures d’IA. Collectivement, ils prévoient d’y injecter près de 660 milliards de dollars cette année, une somme qui, à titre de comparaison, excède le PIB de la Norvège.
Cette défiance devrait entraîner une volatilité accrue, en particulier pour les sociétés positionnées sur la chaîne d’approvisionnement en matériel, essentiellement les fournisseurs des semi-conducteurs et des serveurs. La contagion du sentiment négatif est déjà en marche.
La principale interrogation est de savoir si ces montants engagés auront un retour sur investissement suffisant et dans des délais acceptables. Cette course effrénée aux capacités de calcul pourrait mener, d’ici quelques années, à une saturation du marché et à une guerre des prix destructrice de valeur, semblable à celle qu’a connue le secteur des télécoms au début des années 2000.
Un fossé de perception se creuse ainsi entre les dirigeants, qui affichent une confiance inébranlable dans les rendements futurs de cette transformation historique, et des investisseurs devenus nerveux face au manque criant de visibilité à court terme. La question n’est plus de savoir si l’IA va changer le monde, mais à quel coût et pour quel bénéfice immédiat pour les actionnaires qui en financent la course.









