L’année 2025 a été un véritable combat pour Les Ciments de Bizerte. Les chiffres du quatrième trimestre cachent une réalité brute: celle d’une usine qui tourne au ralenti. L’entreprise se bat sur tous les fronts. Elle veut garder ses clients, mais aussi protéger ses salariés.
Le blocage du four
Le problème majeur? La production de clinker est à l’arrêt depuis plus d’un an. Le four est éteint. Pourquoi? Parce que la société manque de coke de pétrole. Sans argent pour importer ce combustible, l’activité est bloquée.
C’est un cercle vicieux. Les caisses sont vides. Les dettes s’accumulent. Aujourd’hui, l’entreprise peine à payer ses fournisseurs et ses banquiers.
Un choix de secours: le broyage
Pour ne pas disparaître, il a fallu s’adapter. L’usine achète désormais du clinker déjà produit pour le broyer sur place. C’est une stratégie de défense.
Et ça fonctionne, un peu. Au dernier trimestre 2025, la production de ciment a bondi de 28,44%. La chaux, elle, progresse de plus de 68%. La demande est là, solide.
Des revenus en hausse, mais une finance fragile
Côté ventes, les nouvelles sont encourageantes. Le chiffre d’affaires local a grimpé de 54% en fin d’année. Sur l’ensemble de 2025, les revenus dépassent 40 millions de dinars.
L’entreprise utilise aussi son quai pour décharger du combustible pour d’autres clients. Cela rapporte un peu d’oxygène financier. Mais attention: malgré ces efforts, la situation reste critique. L’arrêt prolongé du four pèse trop lourd sur les finances.
Quel avenir pour 2026?
Pour le début de l’année, la prudence est de mise. Les objectifs sont clairs:
- Réduire les coûts au maximum.
- Continuer à broyer du clinker en attendant mieux.
- Vendre plus sur le marché tunisien.
- Maintenir la paix sociale dans l’usine.
L’essentiel? Tenir bon. Les Ciments de Bizerte cherche à survivre et à préparer un vrai redémarrage. La pression financière reste immense, mais l’usine refuse de s’éteindre.


