La compagnie nationale Tunisair a tenu son Assemblée générale ordinaire (AGO); le 30 décembre dernier. Un rendez-vous attendu, mais surtout marqué par un décalage temporel frappant : les actionnaires ont dû statuer sur l’exercice… 2022. Dans une ambiance forcément pesante au vu des chiffres, plusieurs décisions clés ont été prises pour tenter de maintenir le cap malgré la tempête financière.
Jetons de présence
L’un des points à l’ordre du jour concernait la rémunération des administrateurs (les fameux jetons de présence). Dans un souci de conformité; les montants ont été fixés ainsi:
Représentants de l’État: 5 000 Tnd par an.
Entreprises publiques et petits porteurs: 2 188 Tnd par an.
Comité d’audit: pour ceux qui surveillent les comptes, l’indemnité est liée à la présence réelle (500 Tnd par réunion); avec un plafond annuel de 3 000 Tnd.
Un gouffre financier qui donne le vertige
Le constat comptable illustre la crise profonde que traverse la “Gazelle”. Pour l’année 2022; Tunisair affiche une perte nette de près de 229 millions de dinars.
Plus inquiétant encore, le cumul des déficits (résultats reportés) dépasse désormais la barre symbolique des 2 milliards de dinars. Avec des capitaux propres négatifs à hauteur de -1,47 milliard, la survie même de la société est en question. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’une Assemblée Extraordinaire a dû valider la poursuite de l’activité; basée sur un nouveau plan d’affaires.
Gouvernance
Si l’assemblée a donné son “feu vert” (quitus) à la gestion des administrateurs pour 2022; elle a néanmoins posé des limites strictes:
Exclusions: les dirigeants faisant l’objet de poursuites judiciaires n’ont pas obtenu de quitus.
Opérations rejetées: les actionnaires ont refusé de valider certaines pratiques jugées irrégulières; comme un prêt exceptionnel de 8 000 Tnd accordé par l’ancien PDG ou encore des garanties de prêts bancaires octroyées au personnel navigant pour un montant total de 34 millions de dinars.
En résumé, Tunisair tente de régulariser sa situation administrative avec beaucoup de retard (plus de deux ans sur le calendrier légal); tout en essayant de colmater les brèches d’un navire financier qui prend l’eau de toutes parts.









