Le dernier trimestre 2025 a reflété les difficultés persistantes de Tunisair, minée par des problèmes de solvabilité qui pèsent sur ses opérations. Sur cette période, la compagnie a transporté 608 026 passagers, en retrait par rapport aux 630 695 de fin 2024.
Sur l’ensemble de l’année, le trafic passager a reculé de 5%, avec 2 486 888 voyageurs. Un résultat en demi-teinte que vient nuancer une légère amélioration de l’efficacité opérationnelle, le coefficient de remplissage progressant de 300 points de base pour s’établir à 76,1%. Parallèlement, l’activité fret et poste s’est maintenue avec 5 500 tonnes livrées, contribuant à des revenus globaux quasi stables de 1 627 Mtnd.
Cette relative stabilité des recettes s’accompagne d’une tendance baissière des charges. D’un côté, les dépenses ont été contenues sur certains postes clés. Le coût du carburant a significativement baissé à 342 Mtnd (contre 426 Mtnd en 2024) et les redevances aéroportuaires ont reculé à 308 Mtnd (316 Mtnd en 2024). Les effectifs ont également été réduits, passant de 2 852 employés fin 2024 à 2 586 une année plus tard, bien que les charges de personnel aient légèrement augmenté de 1% pour atteindre 229 Mtnd.
D’un autre côté, cette compression est partiellement contrebalancée par la hausse des loyers d’avions (204 Mtnd) et des dépenses d’assistance commerciale (149 Mtnd). Malgré ces pressions, la situation financière montre un signe d’apaisement avec un nouvel allègement de l’encours de dettes, porté à 638 Mtnd.
La perspective pour 2026 est désormais conditionnée à l’impact des récentes levées obligataires sur la trésorerie de la compagnie. Cette bouffée d’oxygène financière pourrait permettre de relancer l’activité et d’enrichir l’offre commerciale. Avec une part de marché d’environ 20%, Tunisair dispose d’une réelle marge de progression, à condition que les moyens nécessaires lui soient durablement accordés pour sortir de l’ornière.









