Quelques sociétés cotées à la Bourse de Tunis commencent déjà à lancer des appels à candidatures pour les représentants des actionnaires minoritaires et/ou indépendants au sein de leurs conseils d’administration. Pourtant, nous sommes encore au mois de janvier, à pas moins de trois mois du coup d’envoi de la saison des assemblées générales.
À notre avis, cela s’explique par les contraintes réglementaires strictes, la logique de bonne gouvernance et la nécessaire anticipation stratégique.
La réglementation impose un calendrier très précis. L’ordre du jour complet et les projets de résolutions doivent être publiés au moins 15 jours avant la tenue de l’Assemblée générale pour les sociétés cotées. Pour qu’une candidature puisse y être intégrée et soumise au vote de l’ensemble des actionnaires, elle doit parvenir à la société bien en amont. Lancer les appels à candidatures dès maintenant est indispensable pour respecter le cadre légal.
Au-delà du simple respect des délais, un processus de sélection précoce permet de mener un processus de sélection rigoureux et crédible. Les candidats doivent être vérifiés, avec le contrôle de leur éligibilité, l’analyse approfondie de leur indépendance réelle, l’évaluation de leurs compétences et de leur expérience au regard des besoins du conseil. Le comité des nominations, ou le conseil dans son ensemble, doit prendre le temps d’examiner les dossiers et de rencontrer les candidats potentiels. Un recrutement précipité nuirait à la qualité de la sélection et à la légitimité future de l’administrateur élu. S’il s’agit d’un établissement financier ou de crédit, il faut également avoir le feu vert de la Banque centrale de Tunisie.
Par ailleurs, cette démarche précoce est un signal fort envoyé au marché, démontrant une volonté de transparence et une prise au sérieux des droits des minoritaires, éléments clés d’une gouvernance saine. Elle tient compte des réalités pratiques. Les profils expérimentés et qualifiés pour ces postes ont des agendas chargés. Les approcher tôt est nécessaire.


