De plus en plus de personnes se trouvent en situation de chômage, y compris celles qui disposent de plusieurs années d’expérience professionnelle. Ce phénomène est particulièrement visible sur des plateformes comme LinkedIn, où de nombreux cadres et seniors peinent à retrouver un emploi, malgré un parcours solide.
Plusieurs raisons expliquent cette difficulté, principalement le coût salarial élevé des profils expérimentés qui peut freiner les recruteurs en période de restrictions budgétaires. De plus, certains recruteurs ont une idée qui persiste, celle qu’un senior serait trop spécialisé, trop cher ou moins adaptable qu’un jeune diplômé. Enfin, le marché du travail valorise aujourd’hui une grande flexibilité, comme le freelance ou les missions courtes, que tous les professionnels expérimentés ne savent pas toujours bien aborder.
Face à cette situation, il est essentiel de revoir sa candidature pour qu’elle passe les systèmes de tri automatique. Le CV doit être adapté à chaque offre avec des mots-clés précis, et il faut privilégier les réalisations chiffrées plutôt que la simple liste des responsabilités passées.
Par ailleurs, changer de cible peut être une stratégie payante, en se tournant vers le consulting, l’intérim de direction, les TPE/PME qui ont besoin d’expertise sans pouvoir embaucher un cadre en CDI, ou encore le portage salarial et le freelance comme transition. En parallèle, une courte formation sur une compétence tendance (Power BI, gestion de projet agile, IA appliquée à son métier) permet de montrer sa capacité d’adaptation et de débloquer des entretiens.
Revoir ses prétentions salariales de manière stratégique peut aussi aider. Accepter temporairement une rémunération inférieure pour décrocher un poste permet de se réinsérer, quitte à négocier d’autres avantages (temps partiel, télétravail, formation, évolution rapide à six mois). En Tunisie, le marché du travail souffre de plusieurs rigidités qui compliquent le retour à l’emploi des seniors et des profils expérimentés. Le Code du travail, bien qu’il protège les salariés, rend les procédures de licenciement longues et coûteuses, ce qui incite les employeurs à hésiter avant d’embaucher, particulièrement des profils seniors dont le salaire est plus élevé.
L’économie informelle, qui reste massive, fausse la concurrence et pousse de nombreuses entreprises à préférer des contrats précaires ou non déclarés plutôt que des CDI pour des profils expérimentés, jugés trop coûteux.
Le résultat est que beaucoup finissent par accepter des postes en dessous de leur niveau, ou se tournent vers l’auto-emploi faute de mieux, mais sans filet de sécurité sociale adapté. Le phénomène du «chômage déguisé» est fréquent. Des cadres restent bloqués dans des missions subalternes ou des contrats précaires, érodant leur confiance et leur employabilité future.








