C’est l’un des arguments que la CTN tient à mettre en avant: les tarifs de base n’ont pas été relevés depuis 2019. Pourtant, nombreux sont les passagers qui ont le sentiment de payer plus cher d’une année à l’autre. Les deux affirmations sont vraies, et ce n’est pas contradictoire.
Devant la Commission des services et du développement social du Conseil national des régions et districts, jeudi 5 mars 2026, les représentants de la Compagnie tunisienne de navigation ont expliqué ce paradoxe. Ce qui a augmenté, ce ne sont pas les tarifs de base, mais les charges qui s’y ajoutent: le coût du carburant, les taxes diverses, et désormais la taxe carbone, intégrée dans le prix final du billet. Résultat: le ticket affiché est plus élevé, même si le tarif de la compagnie, lui, n’a pas changé.
Comment payer moins. La CTN a mis en place un système de tarification dynamique. Plus la réservation est anticipée, plus le prix est bas. À l’inverse, plus on approche de la date de départ et plus le navire se remplit, plus le tarif grimpe. La compagnie propose également des tarifs préférentiels: la tarification famille, la tarification “Marhba” pour les voyageurs sans voiture, et les réservations anticipées. Sur les 105 000 billets déjà réservés pour l’été 2026 — et les réservations ont ouvert en décembre 2025 —, beaucoup ont bénéficié de ces tarifs réduits. Le premier jour d’ouverture à lui seul a enregistré 40 000 réservations.
Un équilibre difficile à tenir. La CTN se définit elle-même comme un transporteur à mission sociale. Son rôle premier est d’assurer le retour des Tunisiens résidant à l’étranger dans des conditions accessibles. Mais la compagnie doit aussi rester financièrement viable face à une concurrence étrangère qui ne s’embarrasse pas des mêmes contraintes. Maintenir des prix accessibles tout en absorbant la hausse des charges d’exploitation: c’est la ligne de crête sur laquelle elle avance, saison après saison.


