Le détroit d’Ormuz, c’est ce petit couloir de 50 kilomètres que la plupart des gens ne sauraient pas situer sur une carte — et pourtant, un baril de pétrole sur cinq dans le monde y passe chaque jour. Depuis le 28 février, il est fermé. Et les marchés l’ont senti immédiatement.
En quelques heures à peine, le trafic de pétroliers a été divisé par deux. Quelque 240 navires se sont retrouvés à l’arrêt, immobilisés aux portes du Golfe comme une file de camions devant un pont coupé. Maersk, CMA CGM, Hapag-Lloyd — les plus grands noms du transport maritime mondial — ont suspendu leurs opérations les uns après les autres, sans savoir quand ils pourraient reprendre.
À l’ouverture des marchés asiatiques, le baril de Brent s’est envolé à plus de 82 dollars, contre 72 dollars la semaine précédente. Une hausse de 13% en trois séances. Et selon plusieurs sources, la hausse pourrait atteindre 120, voire 140 dollars le baril si la situation perdurait. Le Financial Times a même avancé le chiffre de 200 dollars dans le scénario le plus pessimiste.
Des économies impactées
Les économies les plus exposées sont l’Asie: la Chine, l’Inde, le Japon et la Corée du Sud font transiter entre 70 et 80% de leur pétrole par ce passage. Pour le consommateur ordinaire, les répercussions se feront sentir à la pompe et dans les prix du transport.
Tout repose désormais sur la durée du blocage. L’OPEP se réunira le 5 avril pour évaluer la situation. Mais augmenter la production ne servira à rien si les navires ne peuvent pas prendre la mer.
Le verrou est fermé. La question est: pour combien de temps?


