Dans l’industrie automobile européenne, une réalité s’impose: les objectifs fixés par l’Union européenne en matière de réduction des émissions de CO₂ des véhicules, notamment une baisse de 100% pour les nouvelles voitures d’ici à 2035, ne sont plus considérés comme atteignables. L’ambition de ne plus commercialiser que des voitures et des camionnettes à émission nulle au bout des dix prochaines années semble désormais irréaliste. C’est ce qu’ont déclaré les présidents des associations européennes des constructeurs automobiles et des équipementiers. Cependant, l’engagement en faveur de l’objectif de neutralité carbone de l’UE à l’horizon 2050 demeure intact.
La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, doit rencontrer les principaux dirigeants du secteur automobile le 12 septembre, afin d’échanger sur l’avenir de cette industrie stratégique, aujourd’hui confrontée à une double pression: la concurrence croissante des constructeurs chinois dans le domaine des véhicules électriques et l’imposition de droits de douane par les États-Unis. À cela s’ajoutent d’autres défis majeurs: une dépendance quasi totale à l’égard de l’Asie pour l’approvisionnement en batteries, une infrastructure de recharge encore inégale et des coûts de production en hausse.
Les représentants du secteur estiment également qu’il est nécessaire de revoir la réglementation actuelle sur les émissions de CO₂. Si les véhicules électriques vont jouer un rôle central dans la transition, ils ne peuvent être l’unique solution. Il est essentiel de maintenir une place pour les technologies alternatives telles que les hybrides rechargeables, les prolongateurs d’autonomie, les moteurs thermiques à haut rendement, l’hydrogène, ainsi que les carburants décarbonés.
Pour rappel, en mars 2025, la Commission européenne a déjà consenti à accorder un délai supplémentaire aux constructeurs afin de respecter les objectifs de réduction des émissions de CO₂ initialement prévus pour 2025. Par ailleurs, de plus en plus de voix s’élèvent aujourd’hui pour demander à l’UE de revenir sur son interdiction des moteurs à combustion, programmée pour 2035.