Pour faire face à son stress hydrique et mobiliser davantage ses ressources en eau, la Tunisie a décidé d’accélérer la construction de plusieurs infrastructures hydrauliques. Lors d’un conseil ministériel restreint (CMR) tenu le 25 février 2025 sous la présidence du chef du gouvernement, Kamel Madouri, il a été convenu de construire les barrages de Mellègue, Douimiss, Raghai et Khalled, ainsi que les réservoirs de Kalaâ Kebira et Said, d’une capacité totale de 318 millions de m³. Le CMR a également prévu de réaliser des puits profonds dans les gouvernorats du Kef et de Nabeul, de valoriser les eaux traitées grâce à la création de 127 stations, et de lancer des projets de dessalement, notamment la station de Sousse et sept autres dans le sud du pays.
Le CMR a également évoqué des mesures pour améliorer la gestion des ressources en eau à long terme, notamment l’élaboration d’un «Plan de gestion de l’eau à l’horizon 2050» et la promotion des énergies renouvelables. L’objectif est d’intégrer l’hydroélectricité et le photovoltaïque à hauteur de 30% de la consommation énergétique d’ici 2035. Par ailleurs, un système de gestion de l’énergie sera mis en place pour rationaliser son utilisation, et deux usines seront construites à Sfax et Tozeur pour économiser 40% de la consommation d’énergie sur six stations de dessalement. Une plateforme numérique d’aide à la décision sera également créée pour une gestion en temps réel des ressources hydriques.
Le conseil a également annoncé la réhabilitation des systèmes d’adduction d’eau potable en milieu rural pour un coût de 2,3 milliards de dinars, ainsi que la généralisation des compteurs intelligents. Un plan d’action pour valoriser les eaux pluviales à grande échelle sera également mis en œuvre en collaboration avec plusieurs ministères.