Le ministre de la Santé est en déplacement en Chine. Il a visité plusieurs hôpitaux et des fabricants de matériel médical de pointe, et ce, à l’occasion de la signature d’accords pour l’acquisition de matériel dans le cadre du grand projet de la cité médicale des Aghlabides.
Outre l’importance de ce projet d’envergure nationale, capable d’apporter un vrai changement en matière d’accès aux soins pour les résidents des régions intérieures, la stratégie avec laquelle les Chinois ont pénétré le marché tunisien des équipements médicaux est un cas d’école.
Historiquement, ce marché est dominé par les Européens. Avec des relations étroites avec la rive nord de la Méditerranée, il est normal que les médecins tunisiens préfèrent utiliser du matériel auquel ils sont habitués. Les Chinois ne trouvaient pas de portes d’entrée, même auprès des polycliniques privées. Ils ont donc opté pour un autre système. Ils ont offert un hôpital clé en main, celui de Sfax. Les médecins ont donc pu utiliser un matériel d’origine non européenne. Cela va encourager les établissements privés de santé à en acheter et gagner en coûts car les médecins qui vont le manipuler sont habitués à le faire.
De plus, le geste chinois envers la Tunisie est couplé à une diplomatie intelligente basée sur le respect des décisions et choix souverains. Aujourd’hui, la Tunisie va équiper son plus grand projet de santé publique avec du matériel chinois. Il y aura l’installation de sociétés pour le service après-vente, et des antennes commerciales. Les fournisseurs européens, longtemps épargnés, vont avoir une rude concurrence, et pas n’importe laquelle.