Les relations commerciales mondiales sont tendues et il y a un risque de changements imprévisibles et potentiellement importants dans les politiques des échanges commerciaux mondiaux, c’est une des conclusions majeures présentées par le rapport des risques mondiaux du Forum économique mondial dans sa 20e édition.
La confrontation géoéconomique (sanctions, tarifs, contrôle des investissements) se classe en 3e place dans la gravité des risques actuels de 2025, selon The Global Risks Perception Survey (GRPS) mais passera à la 9e place sur un horizon de deux ans. Cela a résulté après que les tensions dans les échanges commerciaux mondiaux ont pris graduellement de l’ampleur depuis 2017 de façon spectaculaire.
Selon Global Trade Alert, le nombre de nouvelles politiques de commerce nuisibles par an a augmenté dans le monde, de 600 en 2017 à plus de 3000 dans chacun des segments en 2022, 2023 et 2024.
Le nouveau gouvernement américain, par exemple, a suggéré qu’il appliquera des droits de douane plus élevés aux importations de tous ses partenaires commerciaux, en particulier la Chine, ainsi que le Mexique et le Canada. Alors que ces déclarations auraient pu être l’occasion d’une première manœuvre en vue des futures négociations portant sur le commerce et les autres questions, elles sont sans aucun doute un signal à l’attention du reste du monde qu’il y aura un approfondissement du protectionnisme à l’ordre du jour.
Les partenaires commerciaux des États-Unis envisagent des mesures de représailles, ainsi qu’un calendrier d’actions potentielles pour les mettre en œuvre. Au cours des deux prochaines années, il y aura un risque important de voir une escalade des tarifs et autres mesures de protectionnisme commercial à l’échelle mondiale, qui pourrait accélérer un désengagement plus large entre les États-Unis et la Chine, ainsi que leurs alliés respectifs. Alors que la rhétorique de la guerre froide entre les deux géants pourrait augmenter et alimenter les tensions commerciales entre leurs deux blocs, même les nombreux pays qui ne sont pas alignés avec l’Ouest ou l’Est se trouveraient affectés par ces tensions.
Dans un tel scénario de guerre commerciale, les initiatives du projet en cours pourraient facilement s’enliser ou se défaire. Par exemple, le mécanisme d’ajustement carbone aux frontières de l’Union européenne (CBAM) est plus susceptible de subir des représailles de la part des partenaires commerciaux; et les efforts de coopération dans le domaine de la réglementation numérique seront confrontés au renforcement des positions de négociation. Ces initiatives nécessitent une collaboration incessante pour continuer à aller de l’avant.