Le chômage a touché près de 41% de personnes sondées en Tunisie depuis le 4 mai dernier, date du début du déconfinement ciblé et 73% d’entre eux n’ont plus de salaire pour survivre.
Une enquête a été menée conjointement par l’Institut National de la Statistique et la Banque Mondiale entre le 15 et le 21 mai par téléphone, soit durant la période du début de déconfinement en Tunisie, afin de connaître l’impact socio-économique du COVID-19 qui a touché le pays.
Un marché du travail en crise
La pandémie a affecté l’économie tunisienne ainsi que le marché du travail. Pour gérer cette situation, certaines entreprises ont opté pour le télétravail, d’autres ont été amenées à réduire le nombre de leurs salariés.
Selon l’enquête, 41% des interrogés ont déclaré qu’ils étaient en arrêt de travail pour diverses raisons à savoir la fermeture de leur entreprise ou le manque de clients et de matières premières. Côté salaires, l’absence de rémunération aurait touché les personnes qui travaillent dans les services où 73% ont répondu n’avoir pas touché de salaire, un chiffre supérieur à ceux qui travaillent dans l’industrie 39% et dans le secteur agricole 28%.
Détérioration de la situation financière
Les chiffres concernant la solvabilité des ménages sont alarmants. 57% des sondés indiquent que leur situation financière s’est largement dégradée. Encore plus, un tiers n’était plus en mesure de couvrir les charges fixes.
L’Etat a cependant permis aux nécessiteux une aide de 200 dinars durant la période du confinement pour leur permettre de subvenir à leurs besoins. Toutefois, 56% des personnes ayant participé à cette enquête ont déclaré qu’ils n’ont même pas pu mobiliser une telle somme pour une dépense imprévue.
L’augmentation des prix pour les produits essentiels et la perte du travail ont largement impacté une partie de la population affectant les pauvres à hauteur de 35% que les riches, seulement 10%, selon cette enquête.
Les chiffres de cette enquête menée durant la seconde semaine du déconfinement ciblé en Tunisie ne sont guère rassurants et ce malgré les aides financières attribués par l’Etat aux entreprises et à une certaine partie de la population afin d’éviter une crise socio-économique plus grave. Une évaluation plus approfondie de la situation économique et sociale post-déconfinement indiquera si les Tunisiens auraient pu être mieux épargnés.