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	<title>PISA OCDE - Managers</title>
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		<title>Ce geste banal qui pourrait fabriquer les mauvais élèves de demain</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Trabelsi Azza]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 21 Sep 2026 11:34:05 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>À force de passer d’une information à l’autre en quelques secondes, les élèves prennent-ils encore le temps d’aller au fond des choses? Les résultats de PISA 2025 posent, en filigrane, cette question. L’évaluation internationale de l’OCDE, menée auprès de plus de 760 000 élèves de 15 ans dans 91 pays et économies, fait apparaître un [&#8230;]</p>
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<p class="isSelectedEnd">À force de passer d’une information à l’autre en quelques secondes, les élèves prennent-ils encore le temps d’aller au fond des choses?</p>
<p class="isSelectedEnd">Les résultats de PISA 2025 posent, en filigrane, cette question. L’évaluation internationale de l’OCDE, menée auprès de plus de 760 000 élèves de 15 ans dans 91 pays et économies, fait apparaître un recul particulièrement marqué en compréhension de l’écrit. Entre 2015 et 2025, le score moyen en lecture a perdu 28 points dans les pays de l’OCDE. Publié le 8 septembre 2026, le rapport ne désigne pas un responsable unique. Il met toutefois en lumière une évolution qui mérite qu’on s’y attarde. Les élèves semblent davantage en difficulté lorsqu’il faut lire un texte complexe, rapprocher plusieurs informations ou prendre le temps de vérifier ce que l’on vient de lire. Autrement dit, à l’heure où l’information circule à toute vitesse, la capacité à ralentir devient presque une compétence en soi.</p>
<p>En effet, les chiffres donnent une première indication. Entre 2018 et 2025, la proportion d’élèves considérés comme des &#8220;lecteurs hâtifs&#8221;, qui répondent très rapidement mais de manière incorrecte, a fortement progressé dans les pays de l’OCDE, pour atteindre environ 9%. Dans le même temps, les compétences qui demandent de mettre en relation plusieurs informations ou d’évaluer de manière critique un contenu ont reculé. L’OCDE ne dit pas que les écrans sont à l’origine de cette baisse. Mais le rapport relève une transformation des habitudes de lecture. Le temps consacré à la lecture pour le plaisir diminue, tandis que les pratiques numériques encouragent davantage le balayage rapide de contenus, notamment sur les réseaux sociaux. Cette évolution pourrait rendre plus difficile l’engagement dans des textes longs et complexes. C’est un peu le revers de la médaille. Nous n’avons jamais eu autant d’informations à portée de main, mais cela ne signifie pas que nous prenons davantage le temps de les comprendre. Faire défiler, cliquer, passer à la suite! Ces gestes sont devenus familiers. Rester plusieurs minutes sur une même idée, en revanche, demande un autre effort. Or PISA ne mesure pas seulement la capacité à trouver une réponse. Les exercices demandent aussi aux élèves d’interpréter, de comparer, d’évaluer une information et de construire un raisonnement.</p>
<h3><span style="color: #008000;"><strong>Le numérique, entre outil et distraction</strong></span></h3>
<p class="isSelectedEnd">À l’école aussi, les écrans occupent désormais une place importante. Mais leur présence ne constitue pas, à elle seule, un problème. Les élèves des pays de l’OCDE déclarent utiliser les appareils numériques pendant 1,7 heure par jour en moyenne pour apprendre. Un usage modéré à des fins pédagogiques est associé à de meilleurs résultats en sciences. Le tableau change lorsque les appareils servent principalement aux loisirs pendant les heures de cours. En moyenne, 28% des élèves de l’OCDE déclarent que leurs camarades sont distraits par des appareils numériques pendant la plupart ou la totalité des cours de sciences. Dans les systèmes de B-S-J-Z en Chine, au Japon et en Corée, cette proportion reste inférieure à 10%. Le téléphone peut donc être un outil de travail, mais il peut aussi devenir le grain de sable qui vient enrayer la concentration. Une notification, un message ou quelques secondes passées sur une autre application suffisent à détourner l’attention de la tâche en cours. Les règles jouent ici un rôle. Les élèves scolarisés dans des établissements où les téléphones sont interdits sont environ 13% moins susceptibles de signaler une distraction numérique. Cela ne signifie pas qu’une interdiction suffit à améliorer les résultats, mais montre que le cadre dans lequel les outils sont utilisés compte. Le sujet n’est donc pas de choisir entre une école &#8220;avec&#8221; ou &#8220;sans&#8221; numérique. Il s’agit plutôt de savoir où placer le curseur. Quand l’outil aide l’élève à comprendre, il devient un levier. Lorsqu’il l’éloigne de la tâche, il devient une distraction.</p>
<h3><span style="color: #008000;"><strong>Avec l’IA, le raccourci peut devenir un piège</strong></span></h3>
<p class="isSelectedEnd">L’intelligence artificielle ajoute une nouvelle pièce au puzzle. Dans les pays de l’OCDE, 46% des élèves déclarent utiliser au moins une fois par semaine un chatbot pour les aider à apprendre. Les usages vont de la recherche d’informations au résumé d’un texte ou à la préparation d’un devoir. Le risque apparaît lorsque le raccourci remplace le chemin. Demander à une IA de résumer un texte peut faire gagner du temps. Mais si l’élève ne lit plus le texte, il ne travaille plus les mêmes capacités. Même chose lorsqu’un devoir est rédigé à sa place : la copie peut être terminée, mais l’apprentissage n’a pas forcément suivi. L’OCDE observe d’ailleurs que les élèves utilisant l’IA pour certaines tâches, comme résumer un texte ou rédiger un devoir, obtiennent en moyenne des scores en sciences inférieurs à ceux qui ne l’utilisent pas pour ces tâches. Elle souligne cependant que cette association ne permet pas d’établir que l’IA est directement responsable de ces écarts. Tout l’enjeu est donc de ne pas transformer l’IA en béquille intellectuelle. L’outil peut aider à chercher, à reformuler ou à confronter des idées. Mais l’élève doit encore faire travailler ses méninges, vérifier les réponses et construire son propre raisonnement. Au fond, PISA 2025 ne condamne ni les écrans ni l’intelligence artificielle. Il rappelle quelque chose de plus simple. On ne peut pas toujours apprendre en mode accéléré. Dans une école confrontée à un flot continu d’informations, savoir ralentir, lire jusqu’au bout et réfléchir avant de répondre pourrait bien devenir l’une des compétences les plus importantes.</p>
<h5><span style="color: #0c0c94;"><strong>5 takeaways pour mieux intégrer l’IA à l’école</strong></span></h5>
<h6 class="isSelectedEnd"><span style="color: #0c0c94;">1. Faire de l’effort intellectuel une étape obligatoire</span><br /><span style="color: #0c0c94;">L’IA ne devrait pas fournir directement la réponse lorsque l’objectif est justement d’apprendre à raisonner. L’élève doit d’abord chercher, formuler une hypothèse ou construire son raisonnement avant de solliciter l’outil.</span></h6>
<h6 class="isSelectedEnd"><span style="color: #0c0c94;">2. Utiliser l’IA comme un appui, pas comme un remplaçant</span><br /><span style="color: #0c0c94;">Résumer, expliquer une notion difficile ou donner un retour sur un travail peuvent être des usages utiles. En revanche, faire rédiger systématiquement un devoir ou effectuer une recherche à la place de l’élève risque de réduire l’effort cognitif nécessaire à l’apprentissage.</span></h6>
<h6 class="isSelectedEnd"><span style="color: #0c0c94;">3. Apprendre à vérifier ce que produit l’IA</span><br /><span style="color: #0c0c94;">L’utilisation de l’IA doit aller avec une véritable culture de la vérification. Comparer les sources, repérer une erreur, questionner une réponse et distinguer un fait d’une affirmation générée par une machine deviennent des compétences scolaires à part entière.</span></h6>
<h6 class="isSelectedEnd"><span style="color: #0c0c94;">4. Ne pas confondre équipement et progrès pédagogique</span><br /><span style="color: #0c0c94;">Les résultats de PISA montrent qu’il n’existe pas de modèle unique. Des systèmes très performants présentent des niveaux d’utilisation de l’IA très différents. La question n’est donc pas de savoir quel pays utilise le plus l’IA, mais dans quelles conditions elle est intégrée à l’apprentissage.</span></h6>
<h6><span style="color: #0c0c94;">5. Préserver ce que la machine ne doit pas faire à la place de l’élève</span><br /><span style="color: #0c0c94;">Lire jusqu’au bout, chercher une information, se tromper, recommencer, argumenter et résoudre un problème demandent du temps. Ce sont précisément ces efforts qui construisent l’autonomie intellectuelle. L’école doit donc faire du numérique un outil au service de ces capacités, et non un moyen de les contourner.</span></h6>
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